Le bilan 2025 de Reporters sans frontières (RSF) est sans appel : 67 journalistes ont été tués dans le monde entre le 1er décembre 2024 et le 1er décembre 2025. Une progression liée par les conflits et les violences ciblées.
RSF le rappelle : « Les journalistes ne meurent pas, ils sont tués ».
Un constat brutal, qui souligne la montée des pratiques meurtrières de forces armées régulières, de groupes non étatiques et du crime organisé.
Gaza, épicentre du danger
Près de la moitié des victimes ont perdu la vie dans la bande de Gaza.
Au moins 29 journalistes palestiniens ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions ces douze derniers mois.
Depuis octobre 2023, le territoire compte plus de 220 professionnels des médias morts, tous cas confondus.
Malgré leur statut civil, les reporters restent des cibles fréquentes.
Des ONG accusent régulièrement l’armée israélienne de mener des frappes délibérées.L’armée assure, de son côté, viser le Hamas.Israël a justifié certaines attaques — dont celle qui a coûté la vie au correspondant d’Al-Jazeera Anas al-Sharif — par de supposées affiliations terroristes, des affirmations que RSF conteste.
Des journalistes toujours plus vulnérables
La hausse des violences n’est pas propre au Moyen-Orient. RSF recense également :
D’abord, 9 journalistes tués au Mexique, l’année la plus meurtrière depuis trois ans.Ensuite, 4 journalistes tués au Soudan.Enfin, 3 en Ukraine, dont le photoreporter français Antoni Lallican.
En outre, ces reporters couvraient les réalités locales, les réseaux criminels ou les violences politiques. Certains avaient reçu des menaces explicites.
Détentions et disparitions en parallèle
À cette hécatombe s’ajoutent d’autres chiffres alarmants :
- 503 journalistes emprisonnés dans 47 pays,
- 121 en Chine,
- 48 en Russie,
- 47 en Birmanie,
- 135 journalistes portés disparus, certains depuis plusieurs décennies et 20 journalistes otages, surtout en Syrie et au Yémen.
Par ailleurs, une tendance glaçante que RSF relie à la criminalisation croissante de l’information.
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La condamnation récente du journaliste français Christophe Gleizes à sept ans de prison en Algérie illustre cette dérive.
Un appel urgent à l’action
Pour RSF, la situation devient critique.
Sa directrice éditoriale, Anne Bocandé, avertit :
« Voilà où mène l’impunité. Les gouvernements doivent impérativement se réengager dans la protection des journalistes. »
Selon elle, la stratégie visant à discréditer les reporters pour légitimer les attaques s’installe dangereusement.
En somme, cette dérive menace directement le droit du public à être informé.
Eirena Etté















